Être accro à son smartphone

Il est 7 h 00, et à peine les yeux ouverts, on a déjà en main cet objet qui nous sert désormais de réveil matin ! Et quasiment en même temps, grâce à nos notifications, nous voilà informé des 3 morts sur la RN 22, de l’incendie d’un immeuble à Paris, de ce policier qui s’est suicidé… On sait aussi qu’on a 15 nouveaux messages, 6 notifications Facebook, 4 sur insta, et j’en passe…

Sacré réveil !!!

Aux repas, dans les transports, au travail, dans son lit… on ne quitte plus son téléphone…

Et si l’on profitait de cette « rentrée » pour intégrer dans nos résolutions de réfléchir sur notre comportement avec notre smartphone ? Certains auront décidé de se remettre au sport, d’autres de manger plus équilibré, ou encore de se coucher plus tôt … Et pourquoi pas se déconnecter un peu de cet objet, de ce compagnon devenu trop présent, disons même envahissant ?

Si notre écran nous suit partout et semble aujourd’hui indispensable à notre quotidien, il serait bien de s’en détacher tout de même un peu, de ne plus en être aussi « dépendant » afin de se laisser du temps pour un réveil apaisé, pour la lecture, la peinture, la cuisine, les moments conviviaux… Bref, prendre du « vrai » temps pour soi afin d’aborder cette rentrée en douceur, avec l’esprit moins stressé. Et croyez-moi, le téléphone est plutôt un fléau dans la lutte contre le stress !

Le portable, notre doudou high-tech

 Ahhh….. LE SMARTPHONE !!! Quelle belle invention … Véritable icône de la modernité, le smartphone est devenu l’objet dont on ne peut plus se passer du réveil au coucher. Au travail, à la maison, en vacances, devant la télé, au lit, à table pour certains voire aux toilettes… Quand ne nous suit-il pas ? À cette question, je sais déjà que bon nombre d’entre nous répondront « jamais » ! Et je pourrais presque parier que beaucoup ne savent déjà plus ce qu’était un portable mobile qui avait comme fonction première de téléphoner !

Un petit retour dans le passé ? Qui sait en quelle année est sorti le premier téléphone mobile ? Eh bien, il a été inventé en 1973 par Martin Cooper, directeur général de la communication chez Motorola. C’est aussi lui qui passa le premier appel de l’histoire depuis un téléphone portable.

Ce n’est pas si vieux ! Et pourtant, les premières « cabines téléphoniques portables » comme on les surnomme, paraissent tellement loin de nous aujourd’hui…

L’utilisation du téléphone en quelques chiffres

Une étude publiée par Statista Research Department, le 14 août dernier, a dévoilé un chiffre incroyable ! La diffusion des smartphones en France aurait connu une ascension fulgurante entre 2011 et 2018. En effet, le pourcentage de Français qui disposent d’un smartphone serait passé de 17 % à 75 % en seulement 8 ans.

Très connectés, toujours plus connectés et totalement « indéconnectables », les Français disent passer environ 1 h 30 par jour sur internet via leur smartphone personnel. Pour les moins de 25 ans, c’est 2 h 30. J’aurais plutôt tendance à dire qu’entre 15 et 25 ans la connexion est continue. Tout le temps et partout. Car, ces chiffres doivent être largement sous-estimés… On avoue se connecter mais on n’ose pas toujours avouer le temps que l’on passe vraiment sur son téléphone…

La génération Y, et encore plus la Z, sont bien plus connectées que leurs aînés et ce constat tend à se généraliser à celles qui arrivent. Toujours plus connectés, et de plus en plus jeunes… Mais alors que faisons-nous toute la journée avec notre nouveau partenaire de vie ?

Quelques chiffres de nos différents usages :

  • 88% cherchent des informations
  • 73% consultent les réseaux sociaux (Facebook, Instagram, Snapchat…), et ce chiffre monte jusqu’à 94% pour les 15-25 ans
  • 70 % consultent leur messagerie
  • 69% lisent les journaux en ligne
  • 69% consultent leurs comptes bancaires
  • 60% font des photos et les postent
  • 59% réalisent des achats
  • 49% regardent la télévision
  • 49% jouent en ligne

Si la « smartphone mania » a atteint aujourd’hui plusieurs générations, les pré-ados de 12-14 ans semblent, eux, être carrément nés avec un portable à la main ! En effet, 89 % de ces jeunes ont un smartphone, au moment de l’entrée au collège, offerts par des parents soucieux de savoir où ils sont et ce qu’ils font à toute heure de la journée. Mais pour ces jeunes, ce petit tracas des parents semble être très loin. Le portable serait plutôt un mix entre la télévision, l’appareil photo et la console de jeux ! Avec des applications par millions pour des usages toujours plus divers, le smartphone est aujourd’hui un indispensable partenaire sans lequel nous serions totalement perdus !

Et c’est là qu’une question se pose : cette hyperconnexion non-stop ne serait-elle pas dangereuse ? N’y aurait-il pas un risque possible d’addiction ? Dans quelles mesures nos relations humaines souffrent de ce phénomène ?

Le revers de la médaille …

Si le smartphone a été conçu pour nous simplifier la vie, et n’est donc a priori pas dangereux, il semblerait que notre utilisation effrénée ait poussé chercheurs et spécialistes à se poser des questions. Et il y a sûrement de quoi s’en poser !

En effet, d’après une étude IFOP réalisée en France en 2017, sept personnes sur dix se disaient très inquiètes à l’idée d’avoir oublié leur téléphone en partant. Ce phénomène à d’ailleurs été nommé : nomophobie venant de « no mobile phobia ». Si cette nomophobie n’est pas (encore) un trouble psychiatrique à proprement parlé, on peut tout de même parler de réelle « addiction comportementale ». La psychosociologue Sara Thomée avoue que « l’on retrouve des symptômes propres aux autres addictions, tels que l’introversion ou le besoin croissant d’avoir accès à l’objet, ce qui se traduit par une souffrance réelle lorsque le désir n’est pas assouvi ».

Or, lorsque l’activité virtuelle prédomine à la vie sociale réelle, on peut penser qu’il y a un risque ! Non ? Selon plusieurs médecins, le constat est alarmant ! Les smartphones semblent être devenus de véritables doudous virtuels ou encore un cordon ombilical psychosocial. Ils viennent rassurer, combler des manques affectifs ou émotionnels chez certaines personnes déjà fragilisées dans leur environnement psychique, familial ou social.

De plus, il y a une dimension que l’on néglige complètement et qui est pourtant indispensable au bon fonctionnement de notre cerveau, c’est l’ennui. On a tous tendance à combler le vide, ce vide qui nous angoisse, et on a tort ! Notre cerveau, saturé de sollicitations externes en permanence et privé de toute possibilité d’ennui ne permet plus l’imaginaire et la créativité, cet espace fondamental qui nous permet d’évoluer et de nous développer.

 Les dangers de l’usage abusif du smartphone sont pourtant bien réels

Quelques chiffres :

  • L’utilisation du smartphone au volant est devenue l’une des causes principales d’accidents sur la route avec la vitesse et l’alcool. Selon la Sécurité routière, 9 Français sur 10 avouent utiliser leur smartphone au volant. Un accident mortel sur 10 sur les routes est lié à l’utilisation du téléphone au volant, et 310 personnes sont décédées sur les routes en 2016 à cause de l’usage du téléphone.
  • 65% des français avouent consulter leur téléphone en marchant dans la rue et en traversant. Même si les études ne peuvent donner de chiffres, on sait aujourd’hui que de nombreux accidents impliquant des piétons sont liés au manque d’attention des de ces derniers, rivés sur leurs écrans. On les appelle aujourd’hui les « Smombies ».
  • Très récemment aussi, on nous a alertés sur les ondes électromagnétiques émises par nos portables. Un téléphone (le HAPI 30) a d’ailleurs été retiré de la vente.
  • Un accès constant aux informations qui nous envoient des images chocs à longueur de temps aurait un impact négatif sur notre moral au quotidien. D’ailleurs de nombreux articles commencent à alerter les jeunes sur les méfaits des réseaux sociaux et notamment d’Instagram.

En effet, revenons rapidement sur ce dernier point qui a lui seul pourrait faire l’objet d’un article. Sur les réseaux sociaux, on ne s’aperçoit même plus que les gens ne postent que « le bon côté » de leur vie, laissant à penser aux autres, que la vie est toujours belle. Sur Instagram, les photos retouchées, font croire aux ados que tout le monde est mince et beau. Sans compter la surenchère pour « paraître » ! Superbes hôtels, restos, sorties, vêtements… bref, une avalanche de photos qui peuvent en complexer beaucoup et les conduire à la dépression.

Alors si l’on devenait raisonnable ?

Oui, tout le monde sait tout ça… et pourtant on continue et de plus belle : les signes évocateurs de l’addiction. D’ailleurs savez-vous le temps que vous passez sur votre téléphone ?? En êtes-vous même conscient ?

Si vous ne vous rendez pas compte que vous êtes complètement happés par votre smartphone, des applications existent désormais pour calculer pour vous votre temps d’utilisation.

Attention, ça peut faire peur ! Tant mieux !

Si ça pouvait nous faire un électrochoc et nous faire changer dans l’usage de notre smartphone … Alleluyah ! Allez, le challenge est lancé : réduire votre « temps d’écran » par rapport à hier ! Cap ou pas Cap ?

 Conclusion

 Après la remise au sport, le « manger plus sain » et le devenir plus écolo, laisser de côté son smartphone de temps en temps pourrait être la résolution de trop ? Mais pensez-y ! Et si ce geste était tout aussi important pour notre santé que de manger 5 fruits et légumes par jour ? Si la « pause des écrans » joue un rôle important sur notre bien-être, le jeu n’en vaut-il pas la chandelle ? Je pense que dans ce monde de sur-connexion à toute heure de la journée, il serait bon de garder du temps pour nous, pour les moments entres amis, collègues, pour les balades, le sport ou tout simplement pour dévorer un bon livre.

Soyons connectés, oui ! Mais surtout avec le monde réel !

Charlotte Vallet, Sophrologue et Hypnothérapeute à Paris

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